Épisodes 2 et 3

Rappel : Ce feuilleton, issu d’un spécial vacances du «Pin Vert» 1979, a été écrit par Pierre Faugerolles, instituteur à Grayan dans les années 70.


Épisode 2 :

Des Méduli (Médocains) et des Bituriges vivisques (Bordelais)

On ignore l'origine des peuplades qui se sont installées en Médoc dès la fin de l'ère glaciaire, 10000 ans av. J-C, même si on a retrouvé de nombreux vestiges de leur présence à l'époque mésolithique (silex taillés, poteries), néolithique (silex polis) et chalcolithique (armes, outils et bracelets en bronze). 

Elles vivaient sur les îles qui constituaient alors le Nord Médoc : Queyrac, Jau, Dignac,Talais, Grayan, Soulac,
Le Verdon. Ces îles étaient recouvertes de forêts peuplées d'ours, d'urus, de bisons et de porcs sauvages. Elles étaient séparées par de vastes marécages. 

Au milieu du 8è siècle av. J-C, une peuplade celte s'y implanta, celle des Méduli qui a sans doute donné son nom au Médoc.

Elle apporta l'usage du fer et se livra à l'extraction du sel, denrée précieuse à cette époque. Mais les Méduli furent supplantés par d'autres celtes installés vers Bordeaux : les Bituriges Vivisques. Nos ancêtres celtes étaient éminemment commerçants. Ils adoraient Mercure et leurs transactions avaient lieu le «Dimercher», mercredi, jour de Mercure. Des marins grecs et phéniciens embarquaient, au port de Noviomagus (2), les poissons, la résine et le miel de notre région. Ce port, sans doute situé au large du Gurp, fut une ville florissante aussi importante alors que Burdigala (Bordeaux). 


Épisode 3 : 

L’arrivée des romains et la disparition de Noviomagus


Les Romains furent bien accueillis par les Méduli et ils obtinrent même des bateaux pour aller attaquer le peuple des Vénètes dans la région nantaise. La collaboration avec leurs occupants valut à nos ancêtres la faveur d'être dispensés du tribut habituel et le Médoc devint extrêmement prospère. Deux routes importantes furent construites : la Via Médullica qui longeait la côte et la Lébade (levée) qui menait de Noviomagus à Burdigala (Bordeaux).
Les Romains appréciaient fort les huîtres et les vins médocains ; ils en envoyaient à Rome. Le poète latin Ausone, né à Bordeaux, en parle dans ses lettres à son ami Théon : « Ces huîtres du Médoc qu'on nomme bordelaises sont exquises pour moi ; César lui-même aussi à sa table les loue autant que notre vin.» 
Cette époque de prospérité et de paix dura plus de 4 siècles, mais elle eut une fin brutale. D'une part, un cataclysme naturel d'une rare violence, sans doute, un tremblement de terre, causa d'énormes dégâts dans tout le Médoc. Peut-être est ce alors que le port de Noviomagus (2) disparut définitivement, s'engloutissant dans l'océan sans que l'on sache au juste ni où, ni quand (peut-être en 580)? D'autre part, la presqu'île fut ravagée à plusieurs reprises au cours des différentes invasions suivantes. 

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1- Pour en savoir plus sur la découverte de cette cuve à saumure :
https://journals.openedition.org/nda/11605 et 
https://journals.openedition.org/adlfi/134014
2- Jusqu’au début du XXè siècle, Noviomagus était positionné au large de Soulac. Le mythe romantique de la cité engloutie par les eaux a perduré dans les esprits. Ce n’est qu’à partir de 1930 que l’on commence à soupçonner que ce port correspond plus vraissemblablement au site de Brion, à Saint-Germain d’Esteuil.
https://www.cestenfrance.fr/noviomagus-entre-mythe-et-realite/

Textes parus dans La Grayannaise N°6 - Novembre 2024

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